Celui qui dit je – l’artiste et Dante

 

Inferno de R Castellucci

Inferno de R Castellucci

 

 

Que fait Castellucci avec Dante? Ni une adaptation, ni une interprétation, ni encore une lecture. Les images de Dante ne sont pas celle du metteur en scène italien. Nous ne faisons pas un voyage dans l’imaginaire médiéval que renouvelait Dante. Nous ne croisons ni Papes sordides ni seigneurs lâches. Nous ne blâmons pas la cupidité ou l’orgueil, du moins avec les termes de l’Ecclésiaste. Ni Lucifer aux trois têtes glacées et chevelues, ni Virgile bienveillant ou anges terribles. Castellucci ne nous donne pas son avis sur le texte, son point de vue ou ses impressions sur le chef d’oeuvre italien, dont on imagine mal l’importance dans la culture italienne – Dante est lu dans toutes les écoles, figure tutélaire, un peu comme Hugo en France, une longue tradition et l’invention d’une langue en plus (Dante “invente” l’italien, c’est à dire une langue vulgaire qui pourrait être parlée par toutes les provinces d’Italie, en combinant les différents dialectes avec le toscan de sa Florence natale). Quelle est l’approche du texte alors? Un rapprochement d’une autre nature, qui ne va pas chercher ses raisons dans son interprétation du texte. Une lecture, au sens fort du terme. Une convergence esthétique d’une démarche de création qui en rejoint une autre, telle qu’on aura pu le voir en d’autres occasions, mais qui apparaît là peut-être avec une évidence inhabituelle. RC dit qu’il dit de la Divine Comédie qu’il “l’a laissé sécher [sur lui] comme une chemise mouillée”.

La suite sur le blog Mouvement d’Eric Vautrin

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