<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/"
	>

<channel>
	<title>Impressions d'Avignon</title>
	<atom:link href="http://mouvementavignon.wordpress.com/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://mouvementavignon.wordpress.com</link>
	<description></description>
	<lastBuildDate>Sat, 25 Jul 2009 13:51:15 +0000</lastBuildDate>
	<generator>http://wordpress.com/</generator>
	<language>fr</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<cloud domain='mouvementavignon.wordpress.com' port='80' path='/?rsscloud=notify' registerProcedure='' protocol='http-post' />
<image>
		<url>http://www.gravatar.com/blavatar/1b9ebeff9486b5c7d701e2e9a889e279?s=96&#038;d=http://s.wordpress.com/i/buttonw-com.png</url>
		<title>Impressions d'Avignon</title>
		<link>http://mouvementavignon.wordpress.com</link>
	</image>
			<item>
		<title>Le triomphe des ingénus. Le tandem Delgado/Fuchs aux Hivernales</title>
		<link>http://mouvementavignon.wordpress.com/2009/07/25/le-triomphe-des-ingenus-le-tandem-delgadofuchs-aux-hivernales/</link>
		<comments>http://mouvementavignon.wordpress.com/2009/07/25/le-triomphe-des-ingenus-le-tandem-delgadofuchs-aux-hivernales/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 25 Jul 2009 13:48:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>mouvementavignon</dc:creator>
				<category><![CDATA[danse]]></category>
		<category><![CDATA[delgado fuchs]]></category>
		<category><![CDATA[postmoderne]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://mouvementavignon.wordpress.com/?p=131</guid>
		<description><![CDATA[Séance de « body training » grotesque et boom boom short à l’appui, Marco Delgado et Nadine Fuchs proposent avec « Manteau long en laine marine porté sur un pull à encollure détendue avec un pantalon peau de peche et des chaussures pointues en nubuck rouge » une variation pour corps froids, souriants, et inoffensifs.<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=mouvementavignon.wordpress.com&blog=4132392&post=131&subd=mouvementavignon&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p><strong>Séance de « body training » grotesque et boom boom short à l’appui, Marco Delgado et Nadine Fuchs proposent avec « <em>Manteau long en laine marine porté sur un pull à encollure détendue avec un pantalon peau de peche et des chaussures pointues en nubuck rouge »</em> une variation pour corps froids, souriants, et inoffensifs.</strong></p>
<p>Au futur proche, la société sera shootée au jeunisme ou ne sera pas. La scission entre érotisme et émotion deviendra de plus en plus béante, jusqu’à l’avènement d’un homme nouveau, postmoderne, à la sexualité parfaitement hygiénique. Ces mauvais présages s’incarnaient dans <em>La Possibilité d’une ile </em>de Michel Houellebecq dans le visage candide d’Esther, sorte d’eternelle ado à la bonne volonté sexuelle et à l’émotion atrophiée. Sur scène, le scenario s’est démultiplié en une foule de pièces hystériques, au moralisme bon ton qui conservent de Houellebecq le pronostic sans en retenir la subtilité humoristique. On peut donc faire, sur ce thème, et indéfiniment, du pseudo Rodrigo Garcia parfaitement inoffensif, ou refondre le principe en une facétie libinale comme le propose le tandem de chorégraphes belgo-suisse Delgado/Fuchs. Quand l’heure n’est plus seulement à la mise en garde, changeons de ton, et partons du principe que la croisade saine, vertueuse et pédagogique contre l’ère du divertissement et de la mode n’est plus si subversive. Leur <em>« Manteau long en laine&#8230; »</em> est ainsi un curieux bonbon au packagnig impeccable, qui s’essaye, sans parodie télécommandée, a croquer ce visage postmoderne.</p>
<p>Ce visage ressemble chez eux à deux lolitas au physique aggravé par des boxers bleus (version mâle), roses (version femelle). Au programme, un heure de « body training » équivoque, au delà du kitsch, durant lequel ils se baladent avec candeur et bonne humeur entre le hit <em>Boys boys boys </em> de Sabrina et les pas de deux contemporains. Ce qu’ils surexposent sur scène, en silence et au calme, ce sont toutes les phobies de la danse conceptuelle. Soit des corps fonctionnels et virtuoses, baignés dans les piscines saines des clubs de gym, et entretenus par de probables séances de strip-tease.</p>
<p>Pour qui a vu le film de Tati, <em>« Manteau long en laine&#8230;»</em> est une sorte de <em>Playtime</em> postmoderne pour deux interprètes très sexués et parfaitement lisses. L’art du mime en moins et l’érotisme en plus, ils conservent l’hygiène des musiques d’ascenceur, la robe trapèze des 60’s, et une sorte de servitude acceptée qui laisse un drole d’arrière-gout en bouche.</p>
<p>Leur premier tour de force, c’est de se saisir du bagage comique de la figure de l’ingénu, qui prend un nouveau visage dans nos sociétés sur-érotisées. Ensuite, c’est que cette société à la gloire de la beauté plastique n’est pas ostensiblement matraquée par les chorégraphes. Le second tour de force est donc qu’on ne sait si Delgado/Fuchs souscrivent ou non  à ce qu’ils montrent. Et ce doute suffit amplement à enclencher, de manière assez offensive, les questions suivantes : quel degré de resistance à cette société nouvelle, quel degré d’adhésion secrete ? Quel humour déployer pour la tenir à distance ?</p>
<p> </p>
<p>Eve Beauvallet</p>
<p> </p>
<p><em>Manteau long en laine marine porté sur un pull à encollure détendue avec un pantalon peau de peche et des chaussures pointues en nubuck rouge, </em>conception Marco Delgado et Nadine Fuchs jusqu’au 26 juillet au Studio des Hivernales d’Avignon <a href="http://www.hivernales-avignon.com/">www.hivernales-avignon.com</a></p>
<p>Prochaines dates, les 19 et 20 janvier au Festival Faits d’Hiver à Micadanses</p>
  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/mouvementavignon.wordpress.com/131/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/mouvementavignon.wordpress.com/131/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/mouvementavignon.wordpress.com/131/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/mouvementavignon.wordpress.com/131/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/mouvementavignon.wordpress.com/131/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/mouvementavignon.wordpress.com/131/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/mouvementavignon.wordpress.com/131/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/mouvementavignon.wordpress.com/131/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/mouvementavignon.wordpress.com/131/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/mouvementavignon.wordpress.com/131/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=mouvementavignon.wordpress.com&blog=4132392&post=131&subd=mouvementavignon&ref=&feed=1" /></div>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://mouvementavignon.wordpress.com/2009/07/25/le-triomphe-des-ingenus-le-tandem-delgadofuchs-aux-hivernales/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://1.gravatar.com/avatar/127f53ee8c1a503f0e6f8402a19d2386?s=96&#38;d=identicon&#38;r=G" medium="image">
			<media:title type="html">mouvementavignon</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>Remplir le vide</title>
		<link>http://mouvementavignon.wordpress.com/2009/07/23/remplir-le-vide/</link>
		<comments>http://mouvementavignon.wordpress.com/2009/07/23/remplir-le-vide/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 23 Jul 2009 10:25:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>pascalinevallee</dc:creator>
				<category><![CDATA[théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[canapé]]></category>
		<category><![CDATA[consommation]]></category>
		<category><![CDATA[enquêteur]]></category>
		<category><![CDATA[fidèle idée]]></category>
		<category><![CDATA[Guillaume Gatteau]]></category>
		<category><![CDATA[Martin Crimp]]></category>
		<category><![CDATA[mots]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://mouvementavignon.wordpress.com/?p=129</guid>
		<description><![CDATA[Au Grenier à sel, la Cie fidèle idée a mis en scène les mots incisifs de Martin Crimp avec un de ses textes de jeunesse, Personne ne voit la vidéo.<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=mouvementavignon.wordpress.com&blog=4132392&post=129&subd=mouvementavignon&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p><em>Au Grenier à sel, la Cie fidèle idée a mis en scène les mots incisifs de Martin Crimp avec un de ses textes de jeunesse, </em>Personne ne voit la vidéo<em>.</em></p>
<p>La scène se passe en Angleterre mais pourrait être ailleurs. Dans une société occidentale en perte de repères, un pays en vaut un autre, les salons et leurs dialogues se ressemblent. Tout juste quittée par son mari, Liz répond à un questionnaire oral sur sa consommation de « produits surgelés italiens ». De fil en aiguille, elle deviendra à son tour enquêtrice, représentante de ce qu’elle rejetait jusqu’alors. Si l’histoire est symptomatique, les mots de Martin Crimp ne sont pas dénonciateurs. Pourtant, réglés comme une mécanique (saluons l’habileté de la traductrice Danielle Mérahi), ils révèlent le manque de valeurs de la société de consommation. Incisifs, ils sonnent comme une autocritique.</p>
<p>Un canapé surélevé trône au fond de la scène. A l’avant, une table basse bon marché. Le décor est minimal mais chargé de symboles. On s’imagine tour à tour dans un salon, le cabinet d’un psychologue, voire dans une sitcom. La petite table fait contrepoint, accentuant la suspension et l’inconfort du haut canapé. Une impression en accord avec la pièce : <em>« Dans ce texte, </em>affirme le metteur en scène Guillaume Gatteau, <em>rien ne s’ancre, tout est aspiré. »</em> L’écriture <em>« tourne autour du vide »</em>. Non pas qu’elle soit creuse, mais elle circoncit ce sentiment de creux, de valeurs disparues. Les actes sont comme des épisodes d’une série télé, séparés par autant de jingles. Sur scène, trois acteurs tiennent les rôles qui gravitent autour de Liz. L’enquêtrice puis l’enquêteur qui l’interrogent, sa fille, un autre homme, le client de l’institut de sondages… Les personnages, bien interprétés, restent cependant relativement neutres, sans caractère marqué. C’est que le rôle principal est tenu par un acteur invisible : la langue. Le travail sur les mots est très important pour Guillaume Gatteau : <em>« Le rythme, le souffle, mais aussi la forme, la syntaxe, la grammaire, le séquençage comptent beaucoup. »</em> La précision de l’écriture de Martin Crimp l’a attiré. <em>« C’est une vraie partition que je me suis attaché à faire jouer par les comédiens comme s’ils étaient des musiciens interprètes. »</em> D’ailleurs, essayer de jouer le texte plus librement ne fonctionnait pas : <em>« Ca brouillait la mécanique. »</em></p>
<p>Résultat : une heure de paroles ininterrompue, partition fluide, rythmée, révélatrice aussi. Car cette forme de neutralité laisse toute la place au double sens des mots de Crimp. Les personnages se font répéter les répliques, demandent de dire <em>« avec vos propres mots »</em>. Le match oratoire est serré, mais le vainqueur est déjà connu : le vide. Celui de la conversation entre un enquêteur de consommation et une femme que le mari vient de quitter. Celui aussi que doit <em>« remplir »</em> l’enquêtrice. Ce vide enfin, <em>« avec un grand V »,</em> qui fait tant chier Colin. Lui veut pourtant la liberté de ne pas avoir d’opinion. <em>« C’est qui ce “on” qui décide ? »</em> demande-t-il. Liz au contraire semble avoir trouvé son équilibre, son utilité : elle offre un contenu aux pulsions de consommation des gens, <em>« cette chose qui les ronge »</em>. Mais cette satisfaction, comme celle de tout désir, est éphémère et doit sans cesse être renouvelée.</p>
<p>La manière dont Liz change radicalement d’attitude, de « culture » comme elle le dit, est aussi effrayante que symptomatique de notre société de consommation. <em>Personne ne voit la vidéo</em>, c’est la manigance des enquêteurs qui se défendent de travailler pour des entreprises (<em>« ce n’est pas commercial »</em>) tout en travaillant au processus même de consommation.</p>
<p>Pascaline Vallée</p>
<p><strong><em>Personne ne voit la vidéo</em></strong> (texte de Martin Crimp traduit par Danielle Mérahi) de la Cie fidèle idée, était jouée du 8 au 19 juillet au Grenier à sel, Avignon. <a href="http://www.avignonleoff.com">www.avignonleoff.com</a></p>
  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/mouvementavignon.wordpress.com/129/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/mouvementavignon.wordpress.com/129/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/mouvementavignon.wordpress.com/129/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/mouvementavignon.wordpress.com/129/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/mouvementavignon.wordpress.com/129/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/mouvementavignon.wordpress.com/129/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/mouvementavignon.wordpress.com/129/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/mouvementavignon.wordpress.com/129/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/mouvementavignon.wordpress.com/129/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/mouvementavignon.wordpress.com/129/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=mouvementavignon.wordpress.com&blog=4132392&post=129&subd=mouvementavignon&ref=&feed=1" /></div>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://mouvementavignon.wordpress.com/2009/07/23/remplir-le-vide/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://0.gravatar.com/avatar/0f8c927219bb1140c1078cae9b22a5fb?s=96&#38;d=identicon&#38;r=G" medium="image">
			<media:title type="html">pascalinevallee</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>Corps de séparation</title>
		<link>http://mouvementavignon.wordpress.com/2009/07/22/corps-de-separation/</link>
		<comments>http://mouvementavignon.wordpress.com/2009/07/22/corps-de-separation/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 22 Jul 2009 10:13:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>mouvementavignon</dc:creator>
				<category><![CDATA[danse]]></category>
		<category><![CDATA[Antonja Livingstone]]></category>
		<category><![CDATA[Avignon]]></category>
		<category><![CDATA[danse contemporaine]]></category>
		<category><![CDATA[flamenco]]></category>
		<category><![CDATA[Israel Galvan]]></category>
		<category><![CDATA[Jennifer Lacey]]></category>
		<category><![CDATA[kate strong]]></category>
		<category><![CDATA[Nacera Belaza]]></category>
		<category><![CDATA[sujets à vif]]></category>
		<category><![CDATA[william Forsythe]]></category>
		<category><![CDATA[Yalda Younès]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://mouvementavignon.wordpress.com/?p=120</guid>
		<description><![CDATA[Une sourde cohérence reliait les quatre premières pièces de l’édition 09 des Sujets à Vif du festival d’Avignon ; où toujours les corps instruisent une séparation.<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=mouvementavignon.wordpress.com&blog=4132392&post=120&subd=mouvementavignon&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p><em>Une sourde cohérence reliait les quatre premières pièces de l’édition 09 des Sujets à Vif du festival d’Avignon ; où toujours les corps instruisent une séparation.</em></p>
<p>Et une variation de Juliette pour conclure. Lorsque, tout à la fin de <em>Narcisses-O</em>, Kate Strong interprète enfin une pure section de danse classique, il est impossible de ne pas y voir ce qu’on savait déjà, mais qu’on oublie de regarder le plus souvent. Impossible de ne pas voir la force d’hystérie qui travaille cette danse académique, pourtant réputée au comble de la maîtrise et de la noblesse.</p>
<p>Or tout ce qui précède nous aura décillé. Interprété par Kate Strong, composé au côté de Coraline Lamaison, cet autoportrait choréo-biographique est fortement théâtralisé. Kate Strong fut, de longues années, une interprète emblématique de William Forsythe ; pour ne citer que lui. <em>Narcisses-O </em>recourt abondamment à la parole, au récit à la première personne, pour décaper au vitriol ces années de gloire et leur revers d’esclavage. Exagérations, mimiques, traits d’humour féroce : Kate Strong frise la satire, et par là fait mouche, évidemment. Reste qu’en-dessous de sa tronche pas possible, son corps tout entier crie des écartèlements d’épouvante, des sourires à luxer la mâchoire, des avancées au sol traînées sur le cul, des distorsions de membres et autres déchirures de coordinations.</p>
<p>Il y a là un sommet de torture et d’extravagance, qui contraste avec le silence obstiné du public lorsque la danseuse lui offre toute liberté de pouvoir enfin lui poser des questions, à elle, une interprète. Mais rien. Sinistrement rien. Un sommet de torture et d’extravagance, qui contraste avec les allers et venues résignés d’un malheureux Julien, serviteur soumis à tous les caprices de la star. Une relation de rien. Il y a là un sommet de torture et d’extravagance qui met à nu l’hystérie au travail dans cet art de la danse qui, beaucoup plus souvent qu’on l’imagine, travaille dans la haine du corps. En toute séparation.</p>
<p>Par comparaison, le duo <em>Culture et administration </em>– comme son titre le suggère –  respire une sophistication extrême, tirée à quatre épingles, si ultra-contemporain soit-il, signé et interprété qu’il est par Jennifer Lacey et Antonja Livingstone. Là il n’y a pas un geste plus haut que l’autre, pas un accent tonique plus appuyé, pas une impulsion plus marquée. Tout n’est qu’équilibre parfait des phrasés, neutres, dans une limpidité de modulation. Voilà un duo d’absolue ligne claire, donné dans de lisses collants et bodys pastel, et dont les figures sont patiemment immortalisées par un trio d’artistes peintres travaillant à leurs chevalets, à même le plateau.</p>
<p>Dans <em>Culture et administration</em>, tout respirerait donc la maîtrise et la justesse. Tout, sauf ce dessin des culs aux arrondis décidément trop parfaits ; sauf cet agrafage du body à l’entrejambes l’air de rien ; sauf ces pots à pets qui se la jouent molle du carnaval ; sauf ces tissus pliés, enroulés, redressés dans des mimiques phalliques. Et ça n’arrête pas. Tout se suspend dans une palpitation des instants, entre incongruité souvent, et état de grâce parfois (un concert de clochettes cristallines entamé par les deux performeuses, aussitôt rejoint – il est midi ! – par les clochers de la ville).</p>
<p>Jusqu’au moment où à deux elles forment, de leurs corps joints, un cheval fantastique, Antonja Livingstone et Jennifer Lacey composent un duo d’actions qui électrise un trouble inavouable, subtilement érotisé, sous l’apparence d’images trop parfaites. Quand ces images sont celles de corps de danse, si dociles, si experts, le dérèglement suggéré sous la bulle de calme creuse la ligne de séparation où s’engouffre le songe d’on ne sait quel tourment d’hystérie.</p>
<p>En cela, <em>Culture et administration </em>paraissait dialoguer secrètement avec <em>Narcisse-(0).</em></p>
<p>Le second programme de deux courtes, pièces présentait lui aussi une belle cohérence, et relayait, dans sa globalité, le précédent, pour travailler cette fois manifestement la mise à distance des séparations qui néanmoins réunissent au plateau.</p>
<p>En tout cas ce programme se donnait intégralement en costumes d’un noir implacable. De la part de Nacera Belaza, chorégraphe de <em>Le Temps scellé</em>, on est habitué à pareils assauts d’intransigeante austérité. Oui, mais ce duo est interprété, à son côté, par Serge Ricci, qu’elle a invité. C’est peu de dire que celui-ci suggère au contraire toutes sortes de débordements imprévisibles. Pour n’en rester qu’au niveau chiffons, sa dernière grande pièce, <em>Des arbres sur la banquise</em>, au printemps dernier, n’était-elle pas toute entière une éruption de vêtements surpassant toutes limites ?</p>
<p>Il est très dangereux de regarder les pièces en fonction des attentes qu’on en a conçues. C’est qu’on pensait espérer, en <em>Le Temps scellé</em>, un formidable rapprochement de différences, si ce n’est un choc des contraires. Mais le titre de cette pièce dit bien sa logique de fermeture, et le duo paraît plus rigoureusement dépouillé encore, s’il était possible, que les précédentes pièces d’une chorégraphe décidément acharnée dans son projet de contention de tout débordement physique. Tout cela pris en compte, on peut s’élever dans la spiritualité méditative de la lente marche des deux interprètes l’un vers l’autre, mais finalement s’esquivant, sans que rien d’autre ne se dise qu’un temps de rencontre dans la séparation par l’évitement des corps. Où Ricci parut assigné à la figure d’un spectre soustrait de lui-même. Tout cela trop brutalement factuel pour véritablement questionner.</p>
<p>Enfin, paraît-il, de vrais connaisseurs du flamenco furent choqués par l’étalage de ses limites techniques, auquel procèderait Yalda Younès, dans le duo avec chanteuse, <em>Ana Fintizarak. </em>Younes et Yasmine Hamdan constituent une paire d’une insolente élégance sensuelle libanaise. Quand la seconde chante, la première invente un flamenco éminemment personnel, qui nous rappelle qu’en effet elle s’y initie depuis pas plus d’une demi-décennie. Cela, de surcroît, après avoir pris ses premiers cours avec Israel Galvan, lui entièrement investi dans la déconstruction du genre.</p>
<p>Admettons, en dehors de toute expertise de regard, que Yalda Younès s’en tient, en effet, à une sorte d’exposé d’éléments dissociés, d’un vocabulaire de base dans la spécialité. Mais alors, entendons, en même temps, les incandescences vocales orientales de sa partenaire. Et de cette sécheresse de geste, à cette brûlure de voix – donc de corps, tout de même – meublons une séparation de doute, de saisie muette, d’expectative aiguisée, de suspension réservée. Cela pour considérer qu’un flamenco pourrait s’entendre et se vibrer dans d’autres registres que la fusion bouillonnante forcément attendue. Flamenco en voyage, flamenco de Beyrouth, inventé, interprété, transgressé, dans ses fractures muettes au bord d’autres mondes. Un flamenco pourquoi pas.</p>
<p>Gérard Mayen</p>
  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/mouvementavignon.wordpress.com/120/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/mouvementavignon.wordpress.com/120/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/mouvementavignon.wordpress.com/120/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/mouvementavignon.wordpress.com/120/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/mouvementavignon.wordpress.com/120/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/mouvementavignon.wordpress.com/120/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/mouvementavignon.wordpress.com/120/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/mouvementavignon.wordpress.com/120/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/mouvementavignon.wordpress.com/120/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/mouvementavignon.wordpress.com/120/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=mouvementavignon.wordpress.com&blog=4132392&post=120&subd=mouvementavignon&ref=&feed=1" /></div>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://mouvementavignon.wordpress.com/2009/07/22/corps-de-separation/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://1.gravatar.com/avatar/127f53ee8c1a503f0e6f8402a19d2386?s=96&#38;d=identicon&#38;r=G" medium="image">
			<media:title type="html">mouvementavignon</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>Lauwers versus Lauwers</title>
		<link>http://mouvementavignon.wordpress.com/2009/07/21/lauwers-versus-lauwers/</link>
		<comments>http://mouvementavignon.wordpress.com/2009/07/21/lauwers-versus-lauwers/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 21 Jul 2009 13:49:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>mouvementavignon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[fable]]></category>
		<category><![CDATA[la maison des cerfs]]></category>
		<category><![CDATA[lauwers]]></category>
		<category><![CDATA[narration]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://mouvementavignon.wordpress.com/?p=117</guid>
		<description><![CDATA[On a pu noter les thèmes souterrains et les résonances qui abondent entre les œuvres du IN (citons l’engouement pour le mythe, la focalisation sur la guerre et ses meurtrissures ou les formes aux frontières du documentaire…). Notons cependant qu’il est une ligne phare de la programmation qui avait échappé jusqu’alors : c’est qu’à en croire certains professionnels, les directeurs du festival ont bien programmé certaines créations dont la spécificité est d’être « les moins bonnes » du corpus de l’artiste.<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=mouvementavignon.wordpress.com&blog=4132392&post=117&subd=mouvementavignon&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p><strong>Sad few, happy few</strong></p>
<p>On a pu noter les thèmes souterrains et les résonances qui abondent entre les œuvres du IN (citons l’engouement pour le mythe, la focalisation sur la guerre et ses meurtrissures ou les formes aux frontières du documentaire…). Notons cependant qu’il est une ligne phare de la programmation qui avait échappé jusqu’alors : c’est qu’à en croire certains professionnels, les directeurs du festival ont bien programmé certaines créations dont la spécificité est d’être <em>« les moins bonnes »</em> du corpus de l’artiste. En tout cas sensiblement décevantes en regard des productions antérieures. <em>« Son dernier spectacle était mieux », « par rapport au dernier c’est une catastrophe», « mais qu’est-il donc arrivé à un tel »…</em>soit des formules qui reviennent en leit-motiv au sujet, par exemple, de la pièce de Maguy Marin, boudée par une partie de la presse pour des raisons demeurées obscures ou de <em>La Maison des cerfs </em>du flamand Jan Lauwers. Une autre résonance, pour céder un peu à la paranoïa, c’est que le phénomène n’est pas anodin lorsque les sorts de Roger Planchon, Pina Bausch ou André Benedetto commencent à faire syndrome (adulé un temps, ostracisé ensuite, mythifié une fois mort).</p>
<p>Soit, quoi de plus plaisant que d’inscrire une œuvre dans un corpus, de déceler les façons dont elle l’étoffe ou en contrarie le cours. C’était d’ailleurs le projet explicite de Jan Lauwers en présentant sa <em>Maison des cerfs</em> comme l’ultime volet d’une trilogie sur la condition humaine, avec le rapport au temps pour grand ordonnateur (<em>La chambre d’Isabella</em> et son récit linéaire se focalise sur le passé, <em>Le Bazard du homard</em> se projette dans le futur lorsque c’est <em>La Maison</em><em> des cerfs</em> qui prend à corps le présent). Pour ce qui s’agit du présent et d’en faire théâtre (le présent de la séance théâtrale ou l’actualité du monde environnant), Lauwers est loin d’être sous-entrainé, lui qui affectionne les effets de happenings et les souvenirs de performances. Et cet art, inégalé toujours, pour afficher la théâtralité et mieux la taquiner ensuite, de chamailler les territoires fictionnels et de faire fable de tout.</p>
<p>Seulement, Lauwers a eu la mauvaise idée de créer <em>La Chambre</em><em> d’Isabella </em>avant <em>La maison des cerfs </em>et il est peu probable qu’on lui pardonne un jour. Mais après tout, l’homme n’avait qu’à anticiper, se montrer plus méthodique et consciencieux, et réserver son chef d’œuvre pour ses vieux jours. Malheur à qui fait son chef d’œuvre trop tôt ! Et bonheur à tous ceux qui n’ont pas vu <em>La Chambre</em><em> d’Isabella</em> ! Ils sauront qu’il faut s’y prendre dans l’ordre pour avoir une chance de voir <em>La Maison</em><em> des cerfs </em>pour ce qu’elle est. Disons que c’est le jeu : lire les œuvres en réseau…au risque qu’elles s’entre-dévorent.</p>
<p><strong>Concepteur de fables</strong></p>
<p>Peut-être faut-il rappeler que si <em>La</em> <em>Maison des cerfs</em> n’a pas, pour certains, la puissance poétique de <em>La Chambre d’Isabella, </em>il convient tout de même de replacer une échelle de valeur : une moins bonne pièce de Lauwers sera toujours meilleure que la meilleure des pièces muséales. Et cela tient sans doute à l’exigence avec laquelle il impose de nouvelles histoires sur scène et à l’honnêteté avec laquelle il pose la question suivante : qu’est-ce que la fable peut bien avoir encore à dire et à faire sur scène ? Son nouveau visage, c’est quoi ?</p>
<p>Parce qu’il est une autre figure qui, cette fois, partage bien  le sort des Planchon, Bausch et Benedetto, leur désamour puis leur réhabilitation. Et cette figure, c’est la fable elle-même. Ostracisée, tenue pour grande responsable de la désaffection pour le théâtre, puis curieusement énamourée lorsque l’on s’aperçoit que « <em>l’Homme a besoin de raconter des histoires car elles lui confèrent son humanité </em>». Et Lauwers, qui traficote et réinvente la narration depuis des années, radicalise le phénomène en annonçant que <em>« les trois parties de Sad Face/Happy Face traitent chacune une autre façon de raconter». </em></p>
<p><strong>Chahuter le mélo</strong></p>
<p>Là où le récit était linéaire dans le premier volet de la trilogie, il sera diffracté en une myriade d’histoires pour <em>La Maison des cerfs</em>, avec cette même nécessité de conter la vie, la mort, le deuil, et ce besoin incompréhensible qu’a l’homme de les mettre en fiction. Si le genre autofictionnel est une tarte à la crème littéraire, Jan Lauwers sauve le principe en le transposant du côté du théâtre et en prenant pour arrière plan narratif, la guerre du Kossovo, et toutes les guerres qui façonnent notre «<em>univers symbolique ».</em> Dans le patchwork d’actions bordéliques qui envahissent le premier plan de la pièce, émerge un mouvement souterrain qui ressemble peut-être à cela : Lorsque survient la douleur, celle de la perte, quelles façons de battre en retraite ? Se repaître d’imaginaire ou se saouler au réel ? Ces deux postures de survie, exposées dans le premier tableau de <em>La Maison des Cerfs </em>s’incarnent au travers de Tijen Lawton, danseuse de la Needcompany, et de son frère Kerem, photoreporter tué en 2001 au Kosovo. Soit deux métiers qui s’emparent différemment du réel mais avec le même espoir fou d’agir sur lui. C’est à la croisée de ces deux imaginaires que Lauwers construit son improbable Maison, et pousse Tijen à endosser sa propre histoire pour perturber le cours du conte, trouver d’autres issues à l’insupportable histoire, et<em>« retarder la mort ». </em>La trivialité de la guerre et la fantasmagorie la plus touffue se conjugueront dans un repère insolite, perdu comme il se doit dans la mythologie des forêts, dont le nom est retrouvé sur le carnet de notes de Kerem Lawton : <em>La Maison des cerfs.</em> La pièce, qui au début transmettait l’énergie live de la Needcompany simulant son quotidien, bascule vers une fable sylvestre aux mille et uns sentiers, avec renforts d’oreilles d’elfes, d’abattages de cerfs et de deuils à la pelle.</p>
<p>Seul fil rouge pour faire cailloux de petits poucets, le sac à dos du photoreporter, transbahuté sur scène comme garant du réel, dernier rempart à la fabulation la plus violente.</p>
<p>C’est lui le liant sur ce plateau surexposé à une lumière surréelle, transpercé spasmodiquement par l’élégance aérienne des danseurs et l’esquisse vaporeuse des portés. Dans ce tableau impressionniste au kitsch quasi hollywodien, c’est lui qui empêche l’édulcoré de prendre place sur le plateau. Et c’est là que réside le savoir faire, passionnant, de Jan Lauwers : instaurer une situation pathétique tout en perturbant l’instauration d’un <em>climax</em> naïf. Quelque chose qui dit son aspiration vers le mélodrame tout en y renonçant dans le même mouvement. C’est l’art de créer sur scène des îlots d’émotion et de ménager des actions simultanées qui en perturbent le déroulé. C’est dans ce délicat aller-retour entre empathie et glaciation (lors duquel le pathos n’est pas le plus gros des gros mots) que Jan lauwers excelle, une fois encore. Seule grosse énigme de la pièce, une Grace Ellen Barkey rendue attardée mentale, qui hurle sa présence de façon extrêmement bruyante, et extrêmement dispensable, comme pour s’assurer définitivement que ce n’est pas de Mickey Mouse dont on parle. C’était chose entendue.</p>
<p>Eve Beauvallet</p>
<p><em> </em></p>
<p>Retrouver les prochaines dates de <em>Sad Face/Happy Face</em>, la trilogie de Jan Lauwers sur le site de la Needcompany, ainsi que le magnifique texte d’Erwin Jans en annexe des pièces.</p>
<p><a href="http://www.needcompany.org/">www.needcompany.org</a></p>
  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/mouvementavignon.wordpress.com/117/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/mouvementavignon.wordpress.com/117/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/mouvementavignon.wordpress.com/117/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/mouvementavignon.wordpress.com/117/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/mouvementavignon.wordpress.com/117/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/mouvementavignon.wordpress.com/117/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/mouvementavignon.wordpress.com/117/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/mouvementavignon.wordpress.com/117/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/mouvementavignon.wordpress.com/117/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/mouvementavignon.wordpress.com/117/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=mouvementavignon.wordpress.com&blog=4132392&post=117&subd=mouvementavignon&ref=&feed=1" /></div>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://mouvementavignon.wordpress.com/2009/07/21/lauwers-versus-lauwers/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://1.gravatar.com/avatar/127f53ee8c1a503f0e6f8402a19d2386?s=96&#38;d=identicon&#38;r=G" medium="image">
			<media:title type="html">mouvementavignon</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>JOURNAL D’AVIGNON 2009 Les quatre opérations de la guerre Amos Gitai, Maguy Marin, Dieudonné Nangouna et Wajdi Mouawad</title>
		<link>http://mouvementavignon.wordpress.com/2009/07/21/journal-d%e2%80%99avignon-2009-les-quatre-operations-de-la-guerre-amos-gitai-maguy-marin-dieudonne-nangouna-et-wajdi-mouawad/</link>
		<comments>http://mouvementavignon.wordpress.com/2009/07/21/journal-d%e2%80%99avignon-2009-les-quatre-operations-de-la-guerre-amos-gitai-maguy-marin-dieudonne-nangouna-et-wajdi-mouawad/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 21 Jul 2009 12:00:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>pascalinevallee</dc:creator>
				<category><![CDATA[théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Avignon]]></category>
		<category><![CDATA[Gitai]]></category>
		<category><![CDATA[guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Marin]]></category>
		<category><![CDATA[Mouawad]]></category>
		<category><![CDATA[Nangouna]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://mouvementavignon.wordpress.com/?p=115</guid>
		<description><![CDATA[« Ici en Europe, c’est une bataille pour tout, c’est la guerre partout. » Cette phrase me revient tous les jours en mémoire, ici au Festival d’Avignon, dans les rues, dans les cafés, les salles et les cloîtres.<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=mouvementavignon.wordpress.com&blog=4132392&post=115&subd=mouvementavignon&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><div>
<div>
<p>JOURNAL D’AVIGNON 2009</p>
<p>Les quatre opérations de la guerre<br />
Amos Gitai, Maguy Marin, Dieudonné Nangouna et Wajdi Mouawad</p>
<p>« Ici en Europe, c’est une bataille pour tout, c’est la guerre partout. » Cette phrase me revient tous les jours en mémoire, ici au Festival d’Avignon, dans les rues, dans les cafés, les salles et les cloîtres. C’est ma voisine qui me l’a glissée à l’oreille, dans la Cour d’honneur du Palais des Papes, au beau milieu de la nuit, alors que nous traversions ensemble l’atlantique épopée de Wajdi Mouawad qui allait nous mener jusqu’au lever du soleil sur le Palais, un grand moment métaphysique dans la vie d’un spectateur. Elle avait dû batailler durant les trente minutes de l’entracte pour le garder ma place, convoitée par des spectateurs errant à la recherche d’un meilleur point de vue.</p>
<p>Oui, c’est vrai, partout c’est la guerre. Une sorte de tension généralisée qui se propage dans les pores d’un monde en paix. Cet étrange paradoxe travaille presque tous les spectacles programmés cette année par le Festival d’Avignon. Ni pure coïncidence, ni thématique volontaire (c’est plutôt le retour des récits qui a servi de discours directeur), la problématique de la guerre, de sa justesse et de la justesse de sa représentation s’invite sur tous les plateaux. D’Amos Gitaï à Dieudonné Niangouna, en passant par Wajdi Mouawad, Krzysztof Warlikowski, Maguy Marin, ou encore Lina Saneh et Rabih Mroué, mais aussi Israël Galvan, ou Jan Lauwers, sur un mode pour le moins inattendu.</p>
<p>Dans la carrière Boulbon, à la beauté vertigineuse, devenue l’un des lieux mythiques du Festival depuis que Peter Brook y a fait naître le mémorable Mahabharata, Amos Gitaï affronte la « cour d’honneur des champ » (tout aussi redoutable que sa jumelle urbaine à l’intérieur des remparts) pour y faire résonner un texte de Flavius Josèphe, un historien juif du premier siècle de notre ère. Fils d’une riche famille juive, emprisonné par les Romains qui envahissent la Galilée, il devient malgré lui le scribe de leur conquête, ne gardant la vie qu’à la condition d’écrire la mort de ses frères. Mais son récit s’effile comme un couteau à deux lames : lorsqu’ils envahissent enfin la forteresse naturelle de Massala, aux portes de Jérusalem, les Romains découvrent un champ de cadavres. Flavius était censé rapporter la bravoure de l’ennemi juif, pour asseoir la grandeur romaine, mais son projet réussit au point de se retourner contre lui-même : les résistants patriotes se sont donnés la morts, plus forts que l’ennemi qu’ils refusent de reconnaître. Un sacrifice plus fort que toutes les victoires.</p>
<p>Quinze ans après un premier essai en Sicile, à Gibellina, le cinéaste reprend ce texte qui l’accompagne tel un viatique, et qu’il transforme en oratorio par la voix de Jeanne Moreau. Il a dû se souvenir de son retour en Avignon, soixante ans après ses premiers pas dans la cour d’Honneur. Il a dû se souvenir de cette apparition d’une femme qui revient dans son passé, et qui porte dans son corps, sa voix, sa présence soixante ans d’histoire, celle du théâtre et bien au-delà. Elle apparaît par la voûte centrale du mur de la Cour, elle effleure la pierre de la main, pendant que deux mille paires d’yeux s’embarquent dans son regard. Car elle nous regarde, touchant le mur, et elle avance vers nous, le pas sûr, lent, à peine humain. Elle s’avance vers la table en bois éclairée par une petite lampe de chevet, accompagnée de Samy Frey. Ils vont lire Quartett, du dramaturge Heiner Müller, en direct pour France Culture, une lutte à mort de deux amants qui prennent la place de l’autre pour mieux le vaincre. On pense à Flavius Josèphe, rétroactivement. Et on attend la venue de « Jeanne », on aimerait tant qu’elle revienne, à nouveau, et que ce frisson d’histoire, à nouveau, balaie la Carrière Boulbon.<br />
Il n’en sera rien. Son entrée déjà annonce le naufrage. Elle entre sans aura, comme ailleurs, déplacée, comme dérangée. Oui, elle est ailleurs, sa voix, quand elle commence à dire. Le récitatif n’ouvre pas l’imaginaire, drame absolu pour un cinéaste qui a le courage de passer dans le medium du théâtre, pour faire naître d’autres images, par d’autres moyens. Et des moyens, il en a, à disposition : tailleurs de pierre qui habitent la carrière de leurs sons des origines, musiciens, chanteur, tours de lumières, mouvements de foule et travellings, gros plans et montage cut, tout un vocabulaire qui provient du cinéma, et qu’on attendait au service du plateau. Or, deux heures durant, on attendra vainement le théâtre. Il ne viendra pas, pas d’espace, aucun lien, aucune incarnation, ni même aucun signe qui nous emporte dans l’histoire. A l’exception d’une minute, oui une minute de théâtre pur : Eric Elmosnino s’avance vers nous, se fraie un chemin dans l’espace immense surencombré, arrive à la hauteur de la récitante, perchée sur son podium (avec petite table et lampe de chevet — mais ce ne sont pas les mêmes que dans la cour d’Honneur, juste une copie, pâle copie…). Il la regarde, elle lui répond, s’accroche à cette présence inattendue. Tout le spectacle tient en cet instant, avant de chavirer à nouveau, de plus belle dans la gesticulation vaine des sons, des tours et des lumières. D’autant plus cruel, maintenant, qu’on l’on a pressenti ce que le spectacle aurait pu être, s’il avait osé faire confiance au théâtre. Mais pour ce faire, il aurait fallu faire confiance à l’espace, aimer la Carrière pour ce qu’ellle est, se fier amoureusement à elle, qui le lui aurait bien rendu. Mais comme la cour d’Honneur, la Carrière ne supporte aucune concurrence arrogante. L’armée tubulaire et technologique qui l’envahit ne peut rien contre sa puissance minérale de toujours. Le combat est inégal. L’envahisseur bardée de technologies et d’appareils (à commence par ceux qui relaient – et empêchent, paradoxalement – la voix des acteurs) ne pourra rien contre la détermination du monde des pierres et des acteurs. Il semble arraisonné, vaincu, mais c’est lui qui triomphe. Car la seule chose qui tienne, la seule force du théâtre, son infinie faiblesse qui se renverse en force indépassable, pour qui sait en animer les filtres sensibles, la seule justesse du théâtre tient aux acteurs — les acteurs qui chantent avec les pierres.</p>
<p>Et c’est bien ce que font les danseurs de Maguy Marin, dans Description d’un combat, qu’ils viennent de créer pour le Festival d’Avignon. Il faut le dire sans détour : c’est une très grande œuvre qui se livre sur le plateau du gymnase Aubanel. Un de ces moments rares qui fondent la vie d’un spectateur, sidéré par tant de beauté. Il en sort en état de choc, déplacé, dérangé, et quand il reprend la parole, deux positions s’offrent à lui : rejet ou adhésion, mais dans les deux cas, c’est avec fougue et violence qu’il reçoit. Une grande leçon de plateau, qu’on peut refuser, bien sûr, comme l’œil refuse l’obscurité quand il s’y trouvé projeté sans prévenir. Car c’est dans les ténèbres que nous partons pour une heure — une heure qui ne dure qu’un instant, et qui s’étire, sans fin, au plus loin du temps linéaire. Nous partons au pays monstrueux de l’Iliade, un autre récit sanglant des guerres anciennes, étrangement devenu monument de culture. On y pense jamais, mais c’est tout de même assez monstrueux : le chef d’œuvre fondateur de la culture occidentale raconte de manière clinique et sur des centaines de pages toutes les détails d’une boucherie monstrueuse. La parole des civilisés que nous sommes se fonde sur cette barbarie sans nom, racontée de façon maniaque par un poète qui écrit sur fond de guerre fratricide, et tente malgré tout de la co,jurer avec le chant du poème. En ligne devant nous, les neuf danseurs de Maguy Marin sont l’un après l’autre happé par l’espace sombre qui s’ouvre derrière eux. Une mer nocturne pleine d’événements, ressacs, cris, râles, murmures, chants de geurres et hurlements à la mort. Tous ces sons de la guerre, irrépétable sur un plateau, assurément, ne peuvent nous parvenir que sus forme traduite, dans la forme d’un chœur, la forme originaire du théâtre. Avant que des protagonistes ne dialoguent dans la tragédie, il y avait le chœur, cette parole organique et polyphonique d’une cité ravagée par les guerres. Le chœur se plaint, le chœur chante la plainte de ceux qui ne comprennent pas pourquoi la guerre fait rage. Et leur plainte, cherchant à percer l’énigme, tente de faire taire la mort. Le chœur se lamente, commente et invente l’avenir. Là est sa force politique. Mais très vite il sera réduit au silence. Une voix s’arrache du mouvement collectif, puis une deuxième, qui va s’opposer à la première. L’agon, le combat tragique peut commencer, sur fond d’un peuple réduit au silence. Pendant plus de deux millénaires, le chœur connaîtra la relégation, orchestrée par la voix des puissants. Ils n’ont pas intérêt, en effet, à laisser passer le chant du chœur qui a vu si tôt que tout document de la culture est aussi, dans le même temps, un témoignage de barbarie. Ils ont tout intérêt en revanche à faire de la culture un rempart contre la barbarie, qui est toujours dans le camp de l’autre, dans le camp de celui qu’on veut anéantir, dévorer, vampiriser.</p>
<p>Avec Maguy Marin, de loin, du tréfonds des origines, le chœur se remet en mouvement. Le récit de la guerre de Troie s’empare de ce corps à neuf têtes, qui lui redonnent vie, à tour de rôle, ensemble, en canon et en toutes sortes de langue. Un oratorio prend forme, un vrai cette fois, en quelques minutes. Dans l’énergie de ce qu’ils disent, les danseurs se mettent en mouvement. Principale occupation : se courber, genoux à terre, et découvrir le sol, recouvert de grands tissus couleur nuit. Ils disent, se baisent, dévoilent, s’immobilisent, se taisent, disent encore, se baisent, dévoilent, se taisent, et disent encore. Au fil des tableaux vivants qui se découpent sous nos yeux, l’espace d’un instant suspendu, peu à peu l’immensité bleue se met à briller, à mesure que l’or gagne du terrain.</p>
<p>Tout en reliefs, le paysage est éclate maintenant de miroitements flamboyants. Le rituel continue son œuvre imperturbable, les corps tombent, explosent, les trachées se fendent, les muscles lâchent, les viscères se répandent, les crânes s’écrasent, le souffle s’éteint, au rythme de la scansion martiale des armées en (dé)route. Des taches rouges apparaissent à la surface, et accentuent encore davantage le relief inquiétant du plateau. Le rouge gagne, l’or se dissout, jusqu’à l’extinction générale. Le chant du chœur continue son travail, les mots creusent la terre et mettent la guerre à nu, jusqu’à l’os. Et elle vient à la lumière la terre, par bribes et fragments. Le chant du chœur fait se lever les morts, et leur mémoire, et leur honneur. C’est un chant d’honneur pour eux qui se lève maintenant, et on les voit, tous ces corps sur la terre pierreuse ; les voix lèvent maintenant tous ces corps morts qui ne sont plus recouvert par rien d’autre que par la mappe sonore et gestuelle qui se penche sur eux, et pour eux.</p>
<p>Un chant d’amour pour tous les morts, tous, sans nom, qui jonchent le « théâtre des opérations ». Incroyable formule pour dire le champ de la bataille, théâtre mutique qui attend la parole de la scène qui traverse jusqu’à nous. Elle vient, elle lève, cette parole des gisants, en armure dérisoire, implacable matière qui traverse les siècles jusqu’au nôtre, le précédent : ce n’est plus Homère qui tient la parole, il l’a transmise à Peguy, Charles Peguy, témoin historien d’une autre guerre, la nôtre, la « mondiale, la première mondiale. Il dit les mots de la bassesse, les maux de la grandeur, il dit ces pas de centaines de milliers d’hommes qui marchent du même pas vers la mort ; il dit ces innombrables corps mortels, impérissables, ces corps que les danseurs prennent maintenant en charge, en leur corps, en leur mouvements, mille fois pétrifies, remis en vie, pétrifiés encore ; il dit les crimes et les martyrs, les concierges rois et leur ivresse, il se rit de tant d’espièglerie héroïque. Malheur au peuple qui a besoin de héros, disait l’autre. La guerre est venue jusqu’à nous, elle lèche les rives de notre présent immédiat. Elle est là, à vue, sur le plateau, elle emplit le vide laissé à l’abandon dans la carrière Boulbon. Et l’on se plaît à rêver qu’ils sont tous maintenant devant nous dans la carrière de pierre, ils jouent les morts, et Jeanne Moreau est à côté d’eux, en Coriphée céleste. Et leur chant danse sur la falaise, leur chant répond à la pierre, paisiblement. C’est juste un rêve.</p>
<p>Bruno Tackels<br />
Le 18 juillet 2009</p></div>
</div>
  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/mouvementavignon.wordpress.com/115/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/mouvementavignon.wordpress.com/115/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/mouvementavignon.wordpress.com/115/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/mouvementavignon.wordpress.com/115/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/mouvementavignon.wordpress.com/115/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/mouvementavignon.wordpress.com/115/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/mouvementavignon.wordpress.com/115/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/mouvementavignon.wordpress.com/115/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/mouvementavignon.wordpress.com/115/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/mouvementavignon.wordpress.com/115/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=mouvementavignon.wordpress.com&blog=4132392&post=115&subd=mouvementavignon&ref=&feed=1" /></div>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://mouvementavignon.wordpress.com/2009/07/21/journal-d%e2%80%99avignon-2009-les-quatre-operations-de-la-guerre-amos-gitai-maguy-marin-dieudonne-nangouna-et-wajdi-mouawad/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
	
		<media:content url="http://0.gravatar.com/avatar/0f8c927219bb1140c1078cae9b22a5fb?s=96&#38;d=identicon&#38;r=G" medium="image">
			<media:title type="html">pascalinevallee</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>Ardente chapelle</title>
		<link>http://mouvementavignon.wordpress.com/2009/07/19/ardente-chapelle/</link>
		<comments>http://mouvementavignon.wordpress.com/2009/07/19/ardente-chapelle/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 19 Jul 2009 15:19:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>pascalinevallee</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[guerre]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[images]]></category>
		<category><![CDATA[Liban]]></category>
		<category><![CDATA[mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[reconstitution]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://mouvementavignon.wordpress.com/?p=109</guid>
		<description><![CDATA[Dans un monde où l'image et les images sont omniprésentes, Joana Hadjithomas et Khalil Joreige proposent à l'église des Célestins la vision d'un Liban reconstitué, tiraillé entre nostalgies et désespoir.<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=mouvementavignon.wordpress.com&blog=4132392&post=109&subd=mouvementavignon&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p><strong>Dans un monde où l&#8217;image et les images sont omniprésentes, Joana Hadjithomas et Khalil Joreige proposent à l&#8217;église des Célestins la vision d&#8217;un Liban reconstitué, tiraillé entre nostalgies et désespoir.</strong></p>
<p><em>« C’est un hommage aux survivants et aux morts »</em>, proclame un personnage de <em>La Maison</em><em> des cerfs</em> de Jan Lauwers. S’il s’agit d’une fable où les conflits tuent par ricochets, cette pièce montre une vérité : dans une guerre, les vivants sont aussi méritants que les morts. En écho, l’exposition de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige pose sa pierre à l’édifice de la mémoire libanaise.</p>
<p>Dans l’ombre fraîche de l’église des Célestins, <em>« Tels des oasis dans le désert »</em> est un ailleurs. Un sol inégal de terre claire, des pierres, des peintures effacées. L’image de sable du Liban s’infiltre dans les fissures des fenêtres bouchées. Les vidéos et photos de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige y sont autant d’« instants de vérité », selon les mots d’Hanna Arendt, à qui le duo a emprunté le titre de l’exposition.</p>
<p>Les murs déjà chargés d’histoire accueillent celle du Liban, de ses camps de réfugiés et de son imagerie. D’entrée, Beyrout est morcelée par les visiteurs, insaisissable. Au fond de l’église, <em>Wonder Beyrut</em> la fait brûler, se tordre sous la chaleur et les bombardements imaginés. Dans une alcôve, la vidéo <em>Lasting images</em> fait pendant à cette destruction en montrant la reconstitution d’une photo. Sur un écran au départ blanc, des traits en mouvement grésillent et des silhouettes se dessinent peu à peu.</p>
<p>Que ce soit par son paysage ou ses figures, le duo d’artistes capte l’image d’un Liban tiraillé entre une guerre civile cruelle et la figure d’un dictateur qui mise sur la sympathie. La vidéo <em>Toujours pour toi</em> montre ainsi la multiplication des visages sur les affiches de la campagne électorale, si nombreux et si proches que les sourires et les regards chaleureux ne dégagent plus aucune sympathie.</p>
<p>Face à ces images volontairement manipulées, deux autres vidéos et des photos montrent l’impossibilité d’en fabriquer d’autres : celles de deux camps de détention au Sud du Liban. Joana Hadjithomas et Khalil Joreige montrent que l’Histoire est une construction subjective. Dans le camp de Khiam, les chars détruits ressemblent à des jouets, abandonnés dans un paysage flou. Des Libanais témoignent devant caméra de leur vie quotidienne là-bas. En face, une vidéo balaye le camp de tentes et de broussailles. Le large écran est barré d’un long panoramique photo : A la place du camp, on a construit un zoo, un restaurant, un terrain de foot. Le passé ne laisse pas d’autres traces que celles, embellies ou dramatisées, laissées dans la mémoire de ceux qui l’ont vécu.</p>
<p>Placé sous l’égide du Libano-québécois Wajdi Mouawad, le Festival d’Avignon 2009 ne pouvait être que voyage. Joana Hadjithomas et Khalil Joreige ouvrent ici les portes d’un pays à la fois historiquement très marqué et imaginaire. Car si les guerres meurtrissent l’esprit plus durement que les chairs, …<em>« Tels des oasis dans le désert »</em> pointe la différence entre réalité et images (re)fabriquées.</p>
<p>Pascaline Vallée</p>
<p><strong>Joana Hadjithomas &amp; Khalil Joreige, …<em>« Tels des oasis dans le désert »</em>, du 9 au 29 juillet à l’église des Célestins. <a href="http://www.festival-avignon.com">www.festival-avignon.com</a></strong></p>
  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/mouvementavignon.wordpress.com/109/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/mouvementavignon.wordpress.com/109/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/mouvementavignon.wordpress.com/109/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/mouvementavignon.wordpress.com/109/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/mouvementavignon.wordpress.com/109/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/mouvementavignon.wordpress.com/109/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/mouvementavignon.wordpress.com/109/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/mouvementavignon.wordpress.com/109/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/mouvementavignon.wordpress.com/109/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/mouvementavignon.wordpress.com/109/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=mouvementavignon.wordpress.com&blog=4132392&post=109&subd=mouvementavignon&ref=&feed=1" /></div>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://mouvementavignon.wordpress.com/2009/07/19/ardente-chapelle/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
	
		<media:content url="http://0.gravatar.com/avatar/0f8c927219bb1140c1078cae9b22a5fb?s=96&#38;d=identicon&#38;r=G" medium="image">
			<media:title type="html">pascalinevallee</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>Saccagé par les vagues et rongé par le sel</title>
		<link>http://mouvementavignon.wordpress.com/2009/07/16/saccage-par-les-vagues-et-ronge-par-le-sel/</link>
		<comments>http://mouvementavignon.wordpress.com/2009/07/16/saccage-par-les-vagues-et-ronge-par-le-sel/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 16 Jul 2009 16:18:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>mouvementavignon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://mouvementavignon.wordpress.com/?p=104</guid>
		<description><![CDATA[Dans un antre béant fait de gris métalliques, Claude Régy et Jean-Quentin Châtelain font entendre la violence organique d’Ode maritime du poète portugais Fernando Pessoa. Un dispositif minimal pour un théâtre aux frontières de la mer, de la scène et des perceptions.<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=mouvementavignon.wordpress.com&blog=4132392&post=104&subd=mouvementavignon&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p><strong>Dans un antre béant fait de gris métalliques, Claude Régy et Jean-Quentin Châtelain font entendre la violence organique d’<em>Ode maritime</em> du poète portugais Fernando Pessoa. Un dispositif minimal pour un théâtre aux frontières de la mer, de la scène et des perceptions.</strong></p>
<p>Son théâtre est affaire de temps, d’œil, et d’écoute. Un théâtre qui s’ennivre de ses sucs, sonde ses principes actifs et s’expose, avec <em>Ode maritime</em>, aux vents violents du Large et à l’ivresse des solitudes. Le metteur en scène Claude Régy a choisit celle du poète Fernando Pessoa (1888-1935), une solitude insondable, indécente emplie d’une obsession fiévreuse des distances et des mythologies marines. On ne connait que peu de voyages au poète portugais, un seul amour, de multiples masques, et un écœurement prononcé pour cette « <em>vie assise, statique, réglée et corrigée »</em> de petit notable. Et un besoin de mer jusqu’à en boire la tasse et s’en pourrir les poumons.</p>
<p>C’est alors l’histoire d’un homme resté à quai alors que ses viscères aspirent au Large. D’un corps lyophilisé, hanté par l’idée des rivages et des seuils, embarcadères et autres pontons passés et à venir. Se noyer dans les éléments, se soustraire au monde. Avec lui, le temps d’une rêverie matinale, toutes les figures de pirates et de corsaires, tous les monstres qui habitent l’esprit, ceux qui jettent les enfants aux requins et enterrent, vivants, les enfants. La mer, donc, là où le temps se brouille et les règles s’annulent.</p>
<p>On est irrité par la voix des autres en sortant. Parce que celle que l’on a entendu traverser l’aubade désespérée de Pessoa deux heures durant impose un laps de silence après, un sas de décompression. Régy a choisit la voix de l’acteur Jean-Quentin Châtelain, sourde, archaïque, comme le grondement des eaux lorsqu’elles se retirent pour mieux s’abattre ensuite. Il a également choisit le dispositif le plus aride possible, propre à tracer des géographies intérieures. Soit un ponton surélevé, flanqué sur scène au milieu d’une gigantesque vague métallique, tôle de zinc incurvée dont le gris pétrole vient dérégler l’œil et semble pouvoir s’abattre à tout instant sur l’acteur. Elle porte avec elle l’idée de temps suspendu, de danger latent, et fait de l’acteur une figure puissante : celle du revenant, du paria ou du condamné en sursit pour un dernier poème. Dans ce théâtre mental, clos, et radicalement sombre, l’homme gravit les marches du ponton pour se présenter à son extrémité, face public. Posture primitive du théâtre qui révèle ce que c’est qu’être acteur et de sentir son corps fouetté par le regard des autres. Il se tient sur ce ponton à l’exact endroit où la scène devient la salle et où les morts deviennent vivants.</p>
<p>Il y reste 2h00, fait face, hagard, et dit. 2h00 où l’œil s’abîme en splendeur hypnotique, entre le rouge-sang des blessures et le bleu glacial de la mer reflétée sur la tôle. 2h00 où le spectateur, lui aussi, se tient sur un quai, maintenu strictement immobile sur son siège.</p>
<p>Le temps d’une traversée, il contemple Jean-Quentin Châtelain convoquer dans sa fixité les figures et de l’acteur et du spectateur, et avec elles le sang de la mélancolie qui pulse dans les veines.</p>
<p><em>Eve Beauvallet</em></p>
<p><em>Ode maritime</em>, de Fernando Pessoa, mise en scène par Claude Régy, jusqu’au 25 juillet au Festival d’Avignon <a href="http://www.festival-avignon.com/">www.festival-avignon.com</a></p>
  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/mouvementavignon.wordpress.com/104/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/mouvementavignon.wordpress.com/104/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/mouvementavignon.wordpress.com/104/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/mouvementavignon.wordpress.com/104/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/mouvementavignon.wordpress.com/104/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/mouvementavignon.wordpress.com/104/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/mouvementavignon.wordpress.com/104/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/mouvementavignon.wordpress.com/104/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/mouvementavignon.wordpress.com/104/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/mouvementavignon.wordpress.com/104/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=mouvementavignon.wordpress.com&blog=4132392&post=104&subd=mouvementavignon&ref=&feed=1" /></div>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://mouvementavignon.wordpress.com/2009/07/16/saccage-par-les-vagues-et-ronge-par-le-sel/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
	
		<media:content url="http://1.gravatar.com/avatar/127f53ee8c1a503f0e6f8402a19d2386?s=96&#38;d=identicon&#38;r=G" medium="image">
			<media:title type="html">mouvementavignon</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>Pour relancer la polémique : Fabre est un sale facho.</title>
		<link>http://mouvementavignon.wordpress.com/2009/07/15/pour-relancer-la-polemique-fabre-est-un-sale-facho/</link>
		<comments>http://mouvementavignon.wordpress.com/2009/07/15/pour-relancer-la-polemique-fabre-est-un-sale-facho/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 15 Jul 2009 08:57:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>mouvementavignon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://mouvementavignon.wordpress.com/?p=101</guid>
		<description><![CDATA[Performance.
Orgie de la tolérance, Troubleyn/Jan Fabre
 
Comme Fabre traîne avec lui une sulfureuse réputation – qu&#8217;il doit peut-être à son emploi scénique du trou du cul – chacun de ses spectacles présente pour la critique une belle occasion de polémiquer. Persuadé qu&#8217;Orgie de la tolérance avait à nouveau partagé les opinions, pour les opposer dans des [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=mouvementavignon.wordpress.com&blog=4132392&post=101&subd=mouvementavignon&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p style="margin-bottom:0;" align="justify">Performance.</p>
<p style="margin-bottom:0;" align="justify"><em>Orgie de la tolérance,</em><span style="font-style:normal;"> Troubleyn/Jan Fabre</span></p>
<p style="margin-bottom:0;" align="justify"> </p>
<p style="margin-bottom:0;" align="justify">Comme Fabre traîne avec lui une sulfureuse réputation – qu&#8217;il doit peut-être à son emploi scénique du trou du cul – chacun de ses spectacles présente pour la critique une belle occasion de polémiquer. Persuadé qu&#8217;<em>Orgie de la tolérance </em><span style="font-style:normal;">avait à nouveau partagé les opinions, pour les opposer dans des postures spectaculaires et tranchées, me demandant ce que l&#8217;on pourrait reprocher à ce chef-d&#8217;œuvre généreux et hybride, je suis parti à la recherche de points de vue auxquels me confronter. </span></p>
<p style="font-style:normal;margin-bottom:0;" align="justify">C&#8217;est alors qu&#8217;en deuxième page seulement d&#8217;une longue liste, Google me proposa une critique du site « fdesouche.com » (« fdesouche », c&#8217;est-à-dire « français de souche », site d&#8217;obédience ouvertement populisto-nationalo-frontiste), que je trouvais étonnamment bien référencé. Plus surprenant encore, l&#8217;article qui y était consacré au spectacle de Jan Fabre faisait l&#8217;éloge de celui-ci. Quelle ironie du sort ! Pour ce metteur en scène particulièrement révolté par la montée de l&#8217;extrémisme en Belgique se voir ainsi encensé par ses ennemis ! Quelle avanie ! La méprise est-elle due à la mauvaise foi du critique ? A une lecture erronée du spectacle ? A un rapprochement contre nature d&#8217;extrémismes opposés ? Dans son programme même, Jan Fabre se réfère au marxiste Marcuse et affirme vouloir combattre le racisme ! Alors ?&#8230; Alors, tout le monde s&#8217;est-il trompé ? Ou ce français de souche est-il le seul à avoir vu ce que tout le monde veut se cacher ? Jan Fabre ne serait-il pas un putain de sale facho droitier ? Quand même : à attaquer ainsi la tolérance, le plaisir individuel, la liberté sexuelle, la décadence d&#8217;une époque. Il a vu juste : Jan Fabre est un putain de sale facho droitier ! Sale putain de facho droitier !</p>
<p style="font-style:normal;margin-bottom:0;" align="justify"> </p>
<p style="font-style:normal;margin-bottom:0;" align="justify">Eric Demey</p>
  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/mouvementavignon.wordpress.com/101/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/mouvementavignon.wordpress.com/101/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/mouvementavignon.wordpress.com/101/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/mouvementavignon.wordpress.com/101/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/mouvementavignon.wordpress.com/101/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/mouvementavignon.wordpress.com/101/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/mouvementavignon.wordpress.com/101/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/mouvementavignon.wordpress.com/101/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/mouvementavignon.wordpress.com/101/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/mouvementavignon.wordpress.com/101/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=mouvementavignon.wordpress.com&blog=4132392&post=101&subd=mouvementavignon&ref=&feed=1" /></div>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://mouvementavignon.wordpress.com/2009/07/15/pour-relancer-la-polemique-fabre-est-un-sale-facho/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://1.gravatar.com/avatar/127f53ee8c1a503f0e6f8402a19d2386?s=96&#38;d=identicon&#38;r=G" medium="image">
			<media:title type="html">mouvementavignon</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>Moins belle la vie</title>
		<link>http://mouvementavignon.wordpress.com/2009/07/15/moins-belle-la-vie/</link>
		<comments>http://mouvementavignon.wordpress.com/2009/07/15/moins-belle-la-vie/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 15 Jul 2009 08:56:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>mouvementavignon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://mouvementavignon.wordpress.com/?p=99</guid>
		<description><![CDATA[Théâtre.
Traces, le Petit Théâtre de Pain.
 
Depuis le temps qu&#8217;on le cherche et avec toutes les compagnies qui s&#8217;en réclament, le désespoir commençait à monter. Mais le fameux concept de théâtre populaire de qualité – le « théâtre élitaire pour tous » de Vitez &#8211; vient peut-être de trouver une nouvelle traduction.
Traces du Petit théâtre de pain pourrait [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=mouvementavignon.wordpress.com&blog=4132392&post=99&subd=mouvementavignon&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p style="text-align:left;margin-bottom:0;">Théâtre.</p>
<p style="margin-bottom:0;" align="justify"><em>Traces, </em><span style="font-style:normal;">le Petit Théâtre de Pain.</span></p>
<p style="margin-bottom:0;"> </p>
<p style="margin-bottom:0;">Depuis le temps qu&#8217;on le cherche et avec toutes les compagnies qui s&#8217;en réclament, le désespoir commençait à monter. Mais le fameux concept de théâtre populaire de qualité – le « théâtre élitaire pour tous » de Vitez &#8211; vient peut-être de trouver une nouvelle traduction.</p>
<p style="margin-bottom:0;"><em>Traces </em><span style="font-style:normal;">du Petit théâtre de pain pourrait faire penser à la mal-nommée série « Plus belle la vie ». Dans un voisinage : une mère seule n&#8217;a pas de quoi acheter une place à sa fille pour le concert de Lorie, un vieux grognon esseulé astique sa vieille collection de grognards de plomb, une caissière de supermarché n&#8217;en peut plus des bips et des S.B.A.M (Sourire- Bonjour – Au revoir – Merci), un couple précaire traverse l&#8217;épreuve d&#8217;une interruption de grossesse&#8230; Des destins quotidiens, ordinaires, piochés parmi ceux qu&#8217;on appelle les couches populaires, depuis qu&#8217;on a décidé qu&#8217;il leur fallait renoncer à se constituer en classes pour lutter.</span></p>
<p style="margin-bottom:0;"><span style="font-style:normal;">A l&#8217;inverse des classes, les couches, elles, vivent allongées, et sédimentent les unes sur les autres. C&#8217;est plus pratique. Et l&#8217;on trouve donc peu d&#8217;entraide dans ce quartier, mais des trajectoires individuelles qui se côtoient sans jamais se mêler. Comme dans le feuilleton télévisé, l&#8217;action progresse par scènes rapides, qui sautent d&#8217;un personnage à l&#8217;autre, puis reviennent au précédent. En toile de fond de cet habile tissage, le spectacle ironise sur la nouvelle idéologie du développement durable. Il y voit avec justesse une nouvelle forme de projet de société consensuel destiné à remplacer le modèle déclinant de la consommation de masse. Surtout, à l&#8217;instar de cette dernière, une utopie de communication qui permet aux « décideurs » de faire valoir leurs propres intérêts. Dans </span><em>Traces</em><span style="font-style:normal;">, en marchant sur les individus, un projet immobilier, comme on en voit tant, de reconversion de quartier chaud en havre de paix, écologico-compatible, enfouit dans la poussière d&#8217;un chantier les restes des histoires personnelles.</span></p>
<p style="margin-bottom:0;"><span style="font-style:normal;">Pourtant, dans la poussière de la colline des Gourges, au cœur de cet hémicycle de pierre qui surplombe Villeneuve-Lès-Avignon, sous la structure capitulaire faites de palans, de poulies, de leviers, d&#8217;un théâtre métamorphosé en chantier un espoir s&#8217;est levé. Avec cette quête d&#8217;un genre qui recyclerait le quotidien de ces oubliés des quartiers, dont on a pris l&#8217;habitude qu&#8217;ils désertent le théâtre, </span><em>Traces </em><span style="font-style:normal;">se tient à distance du naturalisme, du misérabilisme, du manichéisme et de la bien-pensance. S&#8217;il reprend à la télé un certain art de la narration, il superpose aussi à l&#8217;énergie solitaire des oubliés l&#8217;énergie solidaire de la troupe, et à la débrouille des précaires du quotidien le bricolage fragile du théâtre. Ainsi le spectacle parvient à la faveur d&#8217;une mise en scène inventive et parfaitement réglée, au gré d&#8217;une interprétation souvent excellente, et au fil d&#8217;un texte extrêmement habile, bien que parfois un peu facile, le spectacle parvient, disais-je, à rapprocher deux mondes que le théâtre proclame sans cesse vouloir concilier. Celui du réel et celui de la magie, celui du peuple et celui de la culture, celui du spectateur et celui des comédiens, tous ces univers et ces communautés qui trop souvent s&#8217;affrontent plutôt que de s&#8217;allier.</span></p>
<p style="margin-bottom:0;"><span style="font-style:normal;"> </span></p>
<p style="margin-bottom:0;"><span style="font-style:normal;">Eric Demey</span></p>
  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/mouvementavignon.wordpress.com/99/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/mouvementavignon.wordpress.com/99/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/mouvementavignon.wordpress.com/99/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/mouvementavignon.wordpress.com/99/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/mouvementavignon.wordpress.com/99/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/mouvementavignon.wordpress.com/99/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/mouvementavignon.wordpress.com/99/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/mouvementavignon.wordpress.com/99/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/mouvementavignon.wordpress.com/99/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/mouvementavignon.wordpress.com/99/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=mouvementavignon.wordpress.com&blog=4132392&post=99&subd=mouvementavignon&ref=&feed=1" /></div>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://mouvementavignon.wordpress.com/2009/07/15/moins-belle-la-vie/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://1.gravatar.com/avatar/127f53ee8c1a503f0e6f8402a19d2386?s=96&#38;d=identicon&#38;r=G" medium="image">
			<media:title type="html">mouvementavignon</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>La femme-objet</title>
		<link>http://mouvementavignon.wordpress.com/2009/07/15/la-femme-objet/</link>
		<comments>http://mouvementavignon.wordpress.com/2009/07/15/la-femme-objet/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 15 Jul 2009 08:55:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>mouvementavignon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://mouvementavignon.wordpress.com/?p=95</guid>
		<description><![CDATA[Danse
Pavane/ Objekt II, Roberta Dance Compagnie
 
Avant que de figurer la démarche de celui ou celle fier et orgueilleux comme un paon, la pavane est une danse traditionnelle venue tout droit de Padoue. En ouverture du spectacle, sur Pavane pour une infante défunte de Ravel, on découvre un grand ours en peluche rose et une femme [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=mouvementavignon.wordpress.com&blog=4132392&post=95&subd=mouvementavignon&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p style="text-align:left;margin-bottom:0;">Danse</p>
<p style="margin-bottom:0;" align="justify"><em>Pavane/ Objekt II</em>, Roberta Dance Compagnie</p>
<p style="margin-bottom:0;" align="justify"> </p>
<p style="margin-bottom:0;" align="justify">Avant que de figurer la démarche de celui ou celle fier et orgueilleux comme un paon, la pavane est une danse traditionnelle venue tout droit de Padoue. En ouverture du spectacle, sur <em>Pavane pour une infante défunte</em> de Ravel, on découvre un grand ours en peluche rose et une femme de dos qui s&#8217;écroule lentement dans une rigidification progressive de ses membres teintée d&#8217;onanisme. Petite mort d&#8217;une jeune fille qui rentre dans l&#8217;âge de la sexualité, et laisse derrière elle l&#8217;enfance pour devenir une femme-objet (de désir).</p>
<p style="margin-bottom:0;" align="justify">Si l&#8217;on tend à oublier que l&#8217;homme est avant tout fait de matière, l&#8217;ours-poupée nous le rappelle, utilisant ensuite une sorte de grand intestin pour ligoter la femme-objet. Raidie dans des poses de mannequin de silicone, à force d&#8217;impressionantes et presque inhumaines contorsions, celle-ci finit par se faire empaqueter dans un sac poubelle, pourrait-on penser, s&#8217;il n&#8217;était aussi de la matière de la housse qui protège le canapé. Femme jetable, recouverte comme du mobilier, homme prédateur, insensible, dangereux comme une grande poupée, masculin et féminin sont lancés dans un ballet mécanique où n&#8217;asservit pas forcément celui que l&#8217;on croit. L&#8217;un comme l&#8217;autre, en effet, en même temps animé et inanimé, acteur et agi par un désir qui ne vient ni d&#8217;ailleurs ni de lui-même, ne parviendra pas plus à façonner le monde à son envie, qu&#8217;ils ne parviendra à renoncer de le faire.</p>
<p style="margin-bottom:0;" align="justify"><em>Pavane/ Objekt II</em> est le deuxième opus d&#8217;une série de pièces chorégraphiques et plastiques construites autour du thème de l&#8217;objet. Naturellement, ce spectacle qui s&#8217;achève, sur <em>Perfect Day</em> de Lou Reed, en vorace déjeuner sur l&#8217;herbe, narre combien le rapport à l&#8217;autre engage toujours le désir de le traiter en objet, en moyen de la satisfaction ultime de son propre désir. Sur une musique parfaitement idoine, Erwin Wauters et Barbara Mavro Thalassitis interprètent une chorégraphie millimétrée, exigeante, éloquente et drôle, qui progresse dans une lenteur suspendue, fourmillante de réflexions et de références plastiques.</p>
<p style="margin-bottom:0;" align="justify"> </p>
<p style="margin-bottom:0;" align="justify">Eric Demey</p>
  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/mouvementavignon.wordpress.com/95/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/mouvementavignon.wordpress.com/95/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/mouvementavignon.wordpress.com/95/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/mouvementavignon.wordpress.com/95/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/mouvementavignon.wordpress.com/95/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/mouvementavignon.wordpress.com/95/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/mouvementavignon.wordpress.com/95/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/mouvementavignon.wordpress.com/95/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/mouvementavignon.wordpress.com/95/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/mouvementavignon.wordpress.com/95/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=mouvementavignon.wordpress.com&blog=4132392&post=95&subd=mouvementavignon&ref=&feed=1" /></div>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://mouvementavignon.wordpress.com/2009/07/15/la-femme-objet/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://1.gravatar.com/avatar/127f53ee8c1a503f0e6f8402a19d2386?s=96&#38;d=identicon&#38;r=G" medium="image">
			<media:title type="html">mouvementavignon</media:title>
		</media:content>
	</item>
	</channel>
</rss>